L’UMJ (Union des Musiciens de Jazz), est une association représentative au niveau national des musiciens du secteur jazz et musiques improvisées. Elle agit pour la défense et l’amélioration des conditions de création, de diffusion et de production auprès des diffuseurs et des pouvoirs publics.
Elle développe partenariats, échanges et réflexions avec les représentants des festivals, des scènes, des structures pédagogiques jazz et avec les sociétés civiles :
actions pour une meilleure présence des musiciens sur les scènes françaises et l’amélioration des échanges avec les musiciens européens et étrangers ;
création et édition du Livre du Jazz en France regroupant 194 compositions à l’usage des musiciens et des conservatoires ;
amélioration de l’image de nos musiques par l’information et la communication : lettre d’Information de l’UMJ, site internet, organisation de réunions, de tables rondes et de rencontres ;
organisation deux fois par an d’une opération portes ouvertes.
Pour couper la branche, faisons d’abord croire qu’elle est morte
Quelque part en France, un festival de jazz s’est vu récemment supprimer une subvention publique, à trois semaines de son ouverture. Il n’est pas le seul : d’autres, dans le cinéma ou le théâtre, ont vécu pareille expérience il y a peu. D’autres s’attendent à la vivre.
La brutalité de ces coupes franches dans les subventions, mais également la rapidité avec lesquelles elles sont opérées, nous disent assez qu’il ne s’agit pas d’un changement, même brutal, d’une politique culturelle : c’est tout simplement l’abandon de toute politique. Le prétexte d’une "réduction de la dette", d’un "effort de la part des artistes" (parce que ce serait donc le jazz qui aurait creusé la dette extérieure de la France ? Je ne nous savais pas si puissants...), systématiquement invoqués, sont devenus les leurres misérables d’un argumentaire de boutiquiers.
Des choix sont toujours possibles, même dans un ensemble de choses à sacrifier - c’est la définition même de la politique : si donc la culture paie les pots que d’autres ont cassés, c’est que la culture n’a pas sa place dans la vitrine de la boutique. Dehors également les petits hôpitaux, les cours d’appel de province, les bureaux de poste, les enseignements rares... Bientôt on nous annoncera triomphalement que les comptes sont à l’équilibre. Forcément : la boutique sera totalement vide, et il n’y aura plus rien à financer.
Et nous ? Nous, les jazzeux, nous dont la musique fut (j’hésite sur le temps du verbe...) une révolte, et la réalisation en acte, chaque soir, de la plus belle des utopies politiques ? Car qu’est-ce que c’est, improviser à plusieurs, sinon mettre en jeu sa liberté au service du collectif ? Qu’est-ce que c’est, prendre un solo, sinon voler grâce aux ailes des autres ? Qui entend encore aujourd’hui dans le jazz la démocratie telle qu’on la rêve ? Jouer libre, égal aux autres, soutenant les autres et soutenus par eux... Je crois qu’il y a un pays, en Europe, qui a pris ça pour devise, il y a longtemps... mais ce sont LES devises qui ont remplacé. Nous le savons tous, nous le dénonçons tous plus ou moins fort, ce qui nous permet de nous compter et de nous tenir chaud. Alors ? Combien de temps encore, l’indignation à la place de la révolte ?"
Tristan Macé, vice-président.
Édito d’avril 2008
Union des Musiciens de Jazz
19, rue des Frigos
75013 Paris
Contact : contact [at] umj-asso.com